Lancement du réseau romand « JOSE »
Lancement du réseau romand « JOSE »
« Jouons, Observons, Sortons des Ecrans » et de deux pactes parentaux
Ce lundi 22 juin, Réfléchissons à l’Usage du Numérique et des Écrans Genève (RUNE-Genève), Réfléchissons à l’Usage du Numérique et des Écrans Fribourg (RUNE-Fribourg), et le Collectif Neuchâtelois Ecrans Numérique Enfants (CoNENE), annoncent la création du « Réseau romand – Jouons, Observons, Sortons des Ecrans », réseau romand « JOSE », constitué en association le 24 avril 2026, qui a pour objectifs de nourrir une réflexion critique et de soutenir concrètement des alternatives au tout-numérique, avec le lancement de deux pactes parentaux : « Enfants sans écrans – 6 ans » et « Adolescent·e·s sans smartphone – 15 ans ».
Les dangers du numérique sont de plus en plus connus et confirmés par de nombreuses études scientifiques. Il ralentit le développement cognitif de nos enfants, impacte nos santés mentales, atrophie nos liens sociaux et exige de l’environnement un coût exorbitant. On réalise en outre à quel point la numérisation des institutions et des entreprises rend vulnérables les données privées qu’elles détiennent sur nos vies.
Selon l’Enquête suisse sur la santé (ESS) 2022, 6,8% de la population âgée de 15 ans et plus, soit environ 500’000 personnes, sont concernées par une utilisation problématique ou à risque d’internet.
Ainsi, les défis que présentent la numérisation de la société dans toutes les sphères dépassent la seule responsabilité des parents. Les politiques doivent se saisir de l’importance de ces enjeux en légiférant, en régulant les acteurs économiques du numérique et en menant des campagne de santé publique sur l’impact des écrans.
Ne voulant pas rester impuissant.es face à des changements qui sont en cours et convaincu·es qu’il n’y a pas là de fatalité, nous sommes résolu·e·s à agir ensemble : en tant que mouvement citoyen, nous savons que nous sommes plus fort·e·s à plusieurs. Le réseau romand JOSE tissera des liens entre différents collectifs agissant à des échelles plus locales. Ensemble, nous désirons visibiliser la question du numérique, nourrir la réflexion collective à son sujet et soutenir toute action qui ira dans ce sens.
Aujourd’hui 22 juin, le réseau romand JOSE lance sur son site deux pactes parentaux : « Enfants sans écrans – 6 ans » et « Adolescent·e·s sans smartphone – 15 ans ». Ces pactes ont pour objectif d’accompagner, soutenir et motiver les familles qui souhaitent offrir un monde moins numérisé à leurs enfants et les protéger des impacts négatifs du numérique.
Les parents sont invités à signer l’un des pactes ou les deux pactes directement en ligne. Chaque famille sera ensuite « additionnée », afin de constater que nous ne sommes pas seul·e·s et de le montrer à nos enfants, et à nos jeunes.
Disponibles également sur notre site en version imprimable à volonté, ces pactes peuvent être diffusés librement par les parents, d’entente avec leurs enfants, dans leurs différents cercles.
Dans le premier pacte, les parents signataires s’engagent à éloigner totalement les écrans de leurs enfants jusqu’à 4 ans, et de limiter leur utilisation au maximum avant 6 ans. Le second pacte vise quant à lui à protéger les adolescent·e·s : les parents s’engagent à ne pas donner de smartphone à leurs enfants avant 15 ans. Avant cet âge, si les parents l’estiment nécessaire, un « brick phone » ou « dumb phone », c’est-à-dire un téléphone permettant uniquement d’appeler et d’envoyer des messages peut-être donné à son jeune.
En réunissant nos forces, nous participons à un mouvement plus large, initié par des scientifiques, des professionnel·le·s de la santé, et des citoyen.ne.s, qui s’organise contre la numérisation effrénée qui touche particulièrement les plus jeunes. Né à Barcelone, en septembre 2023, le mouvement « Adolescence sans portable » a été le premier à proposer un pacte parental. Depuis, des initiatives analogues ont été portées en Suède, en Angleterre, en Suisse allemande, en France…
Ces mouvements ont contribué à faire émerger un débat démocratique sur l’usage du numérique par les enfants et les jeunes. Le gouvernement australien a par exemple décidé l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 16 ans. A sa suite, les gouvernements espagnols, portugais, français et anglais réfléchissent à des lois similaires. C’est là la suite d’une véritable prise en considération des enjeux. Elle doit dépasser la seule interdiction des réseaux sociaux et s’élargir vers une réflexion plus globale sur toutes les utilisations des écrans et l’emprise du numérique sur nos vies.
Genève / Neuchâtel / Fribourg, le 22 juin 2026